Lavaredo Ultra Trail 2018

Le 22 et 23 juin, notre Vice-Président Hugues JARDAT a participé au Lavaredo Ultra Trail, à Cortina d’Ampezzo en Italie (Vénétie).

C’est un trail de 120 Km et 5800D+, qui demande un engagement physique certain, et un mental à toute épreuve.

Vous trouverez ci-dessous le récit de son aventure et nous lui envoyons nos plus sincères félicitations.

 

 

“Pour cet ultra, la première barrière à franchir est l’inscription. Cette épreuve faisant partie de l’Ultra World Tour, les prétendants sont nombreux pour les 1800 dossards accordés. Il faut donc d’abord justifier d’une course de référence et espérer ensuite être tirés au sort. Pour ma part j’ai donc eu la chance d’être parmi les heureux élus.

 

 

Le départ se fait  de Cortina d’Ampezzo dans les Dolomites en Italie à 2h de voiture au Nord de Venise. J’ai donc fait un Toulouse-Venise en avion puis voiture de location jusqu’à Cortina.

Arrivé la veille, j’ai pu tranquillement récupérer mon dossard et profité des alentours et de la ville de Cortina qui soi-disant est le Chamonix italien.

Vendredi 22/06 à 23h :

Départ sur une musique d’Ennio Morricone, l’émotion est vive. 1800 coureurs de plus de 50 pays différents s’élancent pour les 120 km. On est coude à coude et il faudra bien 5 minutes avant de pouvoir trottiner. Je suis dans le dernier tiers et dès le premier rétrécissement, les bouchons se forment. Peu importe, je ne suis pas là pour faire un chrono et je prends mon mal en patience. Les 30 premiers kilomètres sont roulants, souvent en forêt sur des pistes assez larges. Petite désillusion dès le premier ravitaillement au km 16 ; c’est très succinct, pas d’eau gazeuse, quelques bananes et abricots secs, pas de salés…. J’espère trouver mieux aux prochains ravitaillements. Hélas au km 33, peu de changement avec un ravitaillement aussi sommaire.

Le jour se lève lentement à partir du km 40 et le spectacle des yeux commencent, de hautes parois rocheuses se dessinent au fur et à mesure des km, des petits chemins monotraces prennent le relais des pistes, la pente s’accentue et on prend rapidement de l’altitude. L’air est très frais voire froid et approche les 0 degré vers 2500 mètres. Afin d’éviter tout coup de froid j’enfile la goretex que je ne quitterai qu’en début d’après-midi. Les 40 km qui vont suivre sont de toute beauté : des falaises, des pics, des gorges, des prairies vertes… difficile de faire mieux au niveau des paysages. Je connais pas mal de massifs montagneux en France et à l’étranger mais celui-ci arrive dans le top 3 sans problème. Je prends le temps de faire des photos et de contempler les alentours. C’est magique !! Après avoir passé le point haut du parcours, on plonge vers la seule base vie du parcours au km 65. Je récupère mon sac d’assistance que je rends aussi vite car je ne juge pas utile de changer de vêtement, je prends juste quelques barres et compotes supplémentaires. Enfin une soupe à ce ravitaillement avec quelques rares vermicelles dedans, j’en engloutis 2 bols et cela fait du bien.

10 km me séparent du prochain ravitaillement, c’est toujours aussi beau, ça monte, ça descend mais le terrain reste encore correct avec alternance de petits sentiers ou de pistes.

La suite va être redoutable, on prend 1000 mètres de dénivelés pour atteindre les 2300 mètres d’altitude, le terrain est métamorphosé, plus de pistes ni de sentiers roulants mais du caillou, des gros blocs, des traversées de ruisseau. On va progresser au-dessus de 2200/2300 m d’altitude pendant 35 km avec l’enchaînement de plusieurs cols tous aussi raide les uns que les autres. Beaucoup de coureurs sont sur le bas-côté assis la tête baissée à essayer de trouver un second souffle. Pour ma part, je progresse doucement mais sûrement sans coup de mou. J’avoue que durant ces km, l’appareil photo est resté dans le sac, trop concentré sur l’effort à produire. Pas de ravitaillement pendant 20 km soit environ 5h de course. C’est long et comme les autres coureurs je suis obligé de faire le plein d’eau dans la rivière. Le panorama est toujours aussi beau mais en raison de la difficulté du parcours je ne le perçois pas comme au début. Au km 103, le jour décline et le froid gagne rapidement, gants, bonnet et goretex sont indispensables. J’anticipe également en remettant la frontale. Il reste une dernière montée bien raide, la nuit tombe et il reste un dernier ravitaillement au km 110 puis c’est la longue descente vers l’arrivée. Celle-ci est très piégeuse par endroit dans la forêt avec des racines, des sections raides et glissantes. Les lumières de Cortina apparaissent en contrebas et cela donne  des forces. La pente s’adoucit, le sentier s’élargit, je trottine et prends plaisir sur cette fin de course. Puis le bitume, les maisons, la lumière, le dernier km, les encouragements de nombreux spectateurs malgré l’heure tardive et enfin le passage de la ligne. Il est plus de minuit, un peu plus de 25h de course mais pleinement content de ma course. Le classement est anecdotique pour ma part : 868 sur 1680 partants avec environ 400 abandons.

 

Conclusion : pour les amoureux de l’ultra, cette épreuve est incontournable tant par ses paysages que son organisation, seul bémol les ravitaillements trop justes pour ce genre de  course et un peu trop de monde à mon goût. Sur le papier cette épreuve semble pas trop dure, mais la réalité du terrain est différente, je pense qu’on laisse pas mal de plumes à courir sur les pistes sur les 35 premiers km. Je la classerai dans mes meilleurs souvenirs avec le Tor des Géants, la Réunion et l’ultra de Madère.”

Hugues JARDAT

 

 

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